Le "modèle économique" du Vin de Bandol


Les conditions très contraignantes de production du Bandol rouge conduisent à des prix de revient élevés. Le modèle économique du Bandol est traditionnellement un modèle de subvention du rouge par le rosé, qui constitue plus de la moitié de la production. La production du rosé est tirée à la fois par la demande et par l'offre; quand il faut attendre 8 ans pour pouvoir vinifier une jeune vigne en rouge de Bandol, le vigneron est poussé à produire du rosé avec ses jeunes vignes et le marché est là, malgré la cherté du rosé. En effet, sans nier la qualité du rosé de bandol, qualifié parfois de plus grand rosé du monde, la différence avec les meilleurs rosés de Provence n'est pas si évidente que cela. Ce sont les rouges qui, pour l'amateur éclairé, font la différence, l'originalité et la grandeur du Bandol. Mais le rosé, plus abordable gustativement par le plus grand nombre, se vend cher et bien.

Mais depuis trois ans, le prix du Bandol rouge s'est envolé, traduisant désormais un engouement pour le rouge par rapport une production nécessairement limitée.

Voici les réponses (publiées sur le news "fr.rec.boissons.vins" le 17 août 2001 de Walter Gilpin, propriétaire du Domaine de la Vivonne, à la question "pourquoi le Bandol est-il cher?"

"Moi aussi, j'aimerais bien savoir... pourquoi j'entends cette question récurrente depuis tant d'années!

Il doit y avoir plusieurs types de réponses, irrationnelles à l'image de la question:

- Il n'est pas "si cher" puisqu'il se vend (réponse cynique).
- Il n'est pas "si cher" puisqu'il coûte cher (réponse vigneronne, mais les acheteurs s'en moquent, et ils ont raison).
- Il n'est pas "si cher" puisqu'il est excellent (réponse subjective, avec le sacro-saint concept "rapport qualité/prix).
- Il n'est pas "si cher" comparé à un vin de qualité équivalente (réponse subjective bis).

E n fait, la réponse pourrait être:

- Il est perçu comme "si cher" par ceux qui ne l'ont pas goûté (réponse fielleuse!)".

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