Une appellation exigeante, le pari de la qualité


En 1880, dix ans après l'apparition du Phylloxéra, la plupart des plants indigènes sont morts. Le vignoble de Bandol sera en Provence un des premiers à être reconstitué à partir de portes greffes américains, résistants au Phylloxéra. Mais ne sont pas systématiquement gréffés en général avec les cépages antérieurs, tel l'introduction massive de l'aramon, cépage américain. Tour à tour, les cépages à fort rendements (aramon, carignan), les cépages teinturiers (alicante, jaquez) ou encore les cépages alccoligènes (calitor-pécoui-touar, tibouren).

Le mourvèdre n'a pas disparu, mais ce n'est plus le cépage dominant, sauf dans un nombre très limité de propriété, dont le Chateau Millière, aujourd'hui disparu, ou germera l'idée dès les années 30, d'un "retour aux sources" avec la création d'une appellation "bandol" à forte proportion de Mourvèdre.

La longue marche vers le vin de Bandol actuel se structure autour de trois  temps forts:

- le décret d'obtention de l'Appellation Contrôlée le 11 novembre 1941, première et seule Appellation Contrôlée du Var pendant 40 ans;
- les décrets modificatifs du 21 février et du 2 novembre 1989.

Le décret fondateur de 1941, malgré son caractère emblématique reste, à bien des égards modeste dans son contenu.
Quelques points forts déterminants; outre la délimitation de l'aire de Production, six communes Bandol, Sanary,  La Cadière d'azur, Le Castellet, et certains  lieux dits des communes d'Ollioulles, Evenos et Saint Cyr sur mer; deux caractéristiques font déjà de l'appellation une exception dans le vignoble français:

- limitation drastique des rendements à 40 hectos à l'hectare;
- L'art 6"...
Toute opération d'enrichissement ou de concentration, même pratiquée dans la limite des prescriptions légales en vigueur, est interdite sous peine de perte de l'appellation" . Pas de betterave pour la chaptalisation! le Bandol n'est jamais sucré, mais il n'est pas non plus acidifié, par ajout d'acide tartrique

Au delà, les progrès restent modestes, même si la voie à suivre est clairement indiquée au niveau des cépages:

Trois cépages principaux principaux - Mourvèdre,  Cinsault, Grenache, Carignan - sont retenus. Les cépages d'appoint dont la syrah, ne devront pas dépasser 40% de l'encépagement; le renforcement de la part du Mourvèdre est noté "dans un délai de cinq ans, la proportion de Mourvèdre pour les vins rouges devra être au minimum de 10% dans l'ensemble des parcelles ayant droit à l'appellation chez un même propriétaire".

Pour le reste, rien n'est dit sur les conditions d'élevage. les dépassements de rendements maximaux peuvent être, comme dans la plupart des appellations, dépassés jusqu'à 20% dans les années exceptionnelles.

Les décrets de 1989 vont beaucoup plus loin dans la voie de la recherche de la typicité et de la qualité:

Le Tibouren et le Calitor sont éliminés de l'appellation, à partir de la récolte 1992. Pour les rouges, le Carignan devient cépage secondaire avec la Syrah; chacun des deux ne peut dépasser 10% de l'encépagement et ensemble 15%. Enfin, le Mourvèdre doit représenter au minimum 50% de l'encépagement avec obligatoirement au moins deux des trois cépages principaux.
L'utilisation des machines à vendanger ou tout autre moyen ne permettant pas de transporter les grappes de raisin entières jusqu'au lieu de vinification est interdit.
la possibilité de dépassement des rendements maximaux est annulée; il est stipulé, bien au contraire, que le rendement de 40HL ne peut être que modifié en diminution.
Pour les rouges, le bénéfice de l'appellation ne peut être accordé qu'à partir de la septième année suivant celle au cours de laquelle la plantation a été réalisée en place avant le 31 août. Les vins rouges devront subir un vieillissement d'au moins 18 mois en fût.

Ces deux derniers points signifient qu'il faut attendre pratiquement 10 ans pour mettre sur le marché le produit d'une vigne de Bandol rouge.

Ces conditions draconiennes de production expliquent largement l'évolution du style et de l'économie du Bandol ces dix dernières années.

Le décret de 2005 :
 
 
      - abroge le décret de 1941 modifié en 1989, en reprenant,  dans une rédaction claire et homogène, l'ensemble des dispositions antérieures;
         
- introduit des modifications pour les rosés et les blancs (intégration  d'un décret de septembre 2003) :

Rosés : obligation du Mourvèdre : 10% minimum en 2011, 20% en 2014
 
lBlancs : montée en puissance de la clairette
ü            Cépages principaux : Bourboulenc, Clairette, Ugni blanc
é
ü            renforcement progressif de la proportion de Clairette (50% en 2011);
ü            Introduction du Rolle
ü            Limitation du Sauvignon

Voir le décret de 2005
 

 

 

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