Dégustations...


En fond musical, interprétation possible du thème "Bandol et Beethoven : un mariage heureux"... (genre "Bandol traditionnel de longue garde, difficile d'abord dans sa jeunesse", typiquement "Chateau Pradeaux"...)

 

Les Bandol à Paris : Salon des grands vins PARIS 12 mars 2005
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Les Bandol (2000) à Paris (janvier 2003)

Le compte rendu complet de dégustation par  Mike Tomasi, (l'organisateur inspiré et dévoué) :
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Propos sur deux mythes du vin de Bandol....

Les mythes sont des représentations simplifiées, caricaturées, interprétées, idéalisées ou diabolisées de la réalité. Ils donnent lieu à des controverses où les positions des uns et des autres contiennent quelques vérités bien senties. Dans tous les cas, ils déchainent les passions.

Voici, ce qu’on a pu lire les deux grands forum de langue française. 

….Pradeaux (fr.rec.boissons.vin, février 2003)

Acte 1 (un premier larron)

Effectivement, si j'ai mis « hélas incontournable », c'est que Pradeaux « monopolise » énormément l'attention autour de l'AOC Bandol. Du coup, on parle moins des jeunes (notamment Suffrène ou la tour du Bon) qui font des vins dont les tannins ne sont pas  rustiques et que l'on peut boire avant 20 ans d'âge.

Personnellement, des amateurs que je connais (qui tournaient  en Provence) ont été terriblement déçus par le côté imbuvable et maigre des vins du château pré- cité et sont repartis de l'appellation en pensant comme on l'entend souvent  que les vins de Bandol  sont inintéressants jeunes et donc pas buvables.

Ce n'est évidemment pas vrai et on peut d'ores et déjà prendre beaucoup de plaisir à boire des rouges 2000 de Lafran Veyrolle ou de JP Gaussen par exemple (malgré le caractère infanticide de la chose).

Pour ce qui est de 1982, je suis comme M…, j'aimerais bien en boire aujourd'hui (pas demain car l'apogée de certains vins ne dure pas très longtemps ;-))) mais il est presque impossible d'en trouver. Donc impossible de se faire plaisir à le boire ou à le critiquer. Il y  a quelques mois tous le monde à Bandol parlait des demi bouteilles de Pradeaux 1966 paraît-il mythique mais là encore personne ne les avait bu ! ! !

Je comprends tout à fait que l'on fasse l'éloge de grands vins (sur la base de  vraies dégustations) mais selon moi, il est aussi important de pouvoir se régaler aujourd'hui à boire des vins que l'on peut trouver facilement (et qui dans 10 ou 20 ans seront peut-être eux aussi considérés comme des très grands)


Acte 2 (un deuxième larron)

Ah, Pradeaux! Y fait causer çui-ci.  Je vais prendre deux exemples parmi les différents millésimes que j'ai pu goûter, 1994 (année moyenne) et 1995 (bonne année).

Le 1994, je l'ai goûté après 4 ans de bouteille et le 1995 après 7 ans. Le 1994 était très bon, excellent même, et le 1995 imbuvable.

J'en conclue que Pradeaux réussit les petits millésimes et rate les grands :o), sauf à admettre que dans les grandes années, Pradeaux est à l'image de Mouton Rothschild par exemple, il ne faut le boire qu'après 20 ans de garde. Vous avez déjà goûté MR jeune? C’est pas causant, hein! On pourrait vite en conclure que MR n'est pas bon. Pourquoi ce qu'on trouve normal pour les grands Bordeaux ne s'appliquerait-il pas aussi à Pradeaux?

Dans cette contribution, j'ai conscience de me faire un peu l'avocat du diable :o)
 

Acte 3 (un troisième larron)

Allez j'en rajoute une couche : en voulant à tout prix que le bandol soit bu jeune on fait aussi l'économie de son potentiel d'évolution non ? Je suis naïf mais je me demande si certains passeraient le cap des 5/7 ans sans sécher.

 

…Tempier (iacchos, début juin 2003)

Acte 1 (un premier larron): (je me demande toujours à degré il faut prendre ces propos; notre larron est il victime du mythe ou pratique t'il la dérision?)

 Le Tempier 2000 dans sa cuvée La Tourtine, carafé trois heures, dégageait toujours une forte odeur d'écurie. Mais, la matière est exceptionnelle (puissante, soyeuse...), le charme souverain et la finale impeccable. Un vin hors norme avec ses qualités immenses et ses défauts certains (que le temps va fondre), hors de tout univers technologique. C'est vraiment  la superbe bouteille révélatrice pour tous les vignerons et négociants humbles & respectueux de l'appellation, des potentialités et de la typicité de cette dernière.
 

Acte 2 (un deuxième larron)

 "Odeur d'écurie", cela veut dire Brettanomyces. Et non, malgré ce que la tradition veut, le temps ne l'effacera pas.

A mon très humble avis, on se montre trop tolérant envers le brett dans le Rhône et le Sud-Est de la France. La saloperie, ce n'est pas du "terroir".
 

Acte 3 (un troisième larron)

Estoy enteramente de acuerdo, à Bandol (comme ailleurs dans le SE et le Rhône) il y a des tonneau plus vieux que l'âge moyen des vignes. Entre le vieux bois et le brett, si c'est ça la typicité, bien, je ne sais pas.

Pour moi, un vin qui sent le cheval est un mauvais vin, c'est tout. Pour moi, aucune tolérance.

Pour les défauts, même si derrière se cache une matière sublime, cette matière ne s'exprimera jamais.


 

(Fête du millésime 2002) : tendance générale
Les mots qui reviennent...: un millésime difficile, beaucoup de frayeurs , petites quantités, la maturité des mourvèdres difficile à atteindre: attention, à ceux qui ont pris peur et qui ont vendangé trop tôt... Le millésime 2002 sera "souple", les quantités resteront faibles (comme en 2001), seuls les vignerons qui ont récolté "drastique" et à maturité obtiendront un bon résultat.                               

(Fête du millésime 2002) : dégustation des 2002 en cours d'élevage
Exercice ingrat que la dégustation de ces vins n'ayant que quelques semaines d'élevage, presque insupportable. Cependant, certains sortent du lot à ce stade:
En tête, la Tour du Bon ****, étonnament "fait" à ce stade de l'élevage, un vrai régal, une explosion de saveurs qui laisse néanmoins percevoir une belle et fine structure.
Viennent ensuite derrière ***, déjà agréables à boire, en "tir groupé", tendance Chocolat/truffe) : Pibarnon, Suffrène, Gaussen, Sorin, Baguiers.
Enfin ** tendance plus épicée, prometteurs quoique plus ingrats à ce stade: Lafran Veyrolles et Pradeaux.
Une mention particulière pour les vins de "La laidière"*** en Rosé et Blanc.

Résultats du concours "longues gardes":  Sorin, Souviou, et La Tour du Bon.
Le domaine de Souviou, racheté il y a deux ans par un consortium d'investisseurs, a pour maître de chais, depuis un an, Vincent Racine (ex propriétaire du Domaine de la Bégude).

(Fête du millésime 2002) : dégustation (rouge) à l'oenothèque
Impressions générales: le millésime 2000 est actuellement un millésime "gourmand", presque "raccoleur", et 99 en général très en dessous de 98 et 2000. En 99, Chateaux Pradeaux, dont le style des vins évolue depuis quelques années vers plus de finesse et de "facilité" dans sa jeunesse ,  est une excellente surprise (mais oui, il est d'ores et déjà agréable, malgré sa forte structure).
Lafran Veyrolles au sommet : depuis le milieu des années 90, ces vins tout en gardant leur forte typicité ont terriblement gagné en finesse, en classe et en 2000 la cuvée générique aussi est un vrai régal et la cuvée spéciale promet beaucoup. Au plus haut niveau aussi Pibarnon, Sorin - boisé moins marqué qu'à l'habitude - (dégustés simultanément),  La Tour du Bon, Vivonne et Baguiers.
En 1998, J'ai noté Pibarnon, très belle structure, peu ouvert encore mais très prometteur, peut être millésime de grande garde, une fois n'est pas coutume pour ce domaine. J'ai noté aussi avec plaisir un très plaisant Val d'Arenc "cuvée la Gravière", amorce d'un réel renouveau?
En 1997, étonnante découverte, cuvée "Estagnol" du domaine Bastide Blanche, 100% mourvèdre à maturité, taillée pour la garde, contrairement à la philosophie générale de la production du domaine. Face à une telle bouteille, le 1997 du domaine de la Begude, éteint,  tenait difficilement la rampe.
Enfin, le 91 de la Vivonne (hors de prix, mais servi en dégustation pour l'occasion) reste une grande sensation de vieux Bandol aux arômes évolués sans être pour autant passés.
Au registre des petites déceptions, intêressante dégustation du Domaine Maubernard (que je ne connaissais pas), un registre globalement austère : 2000 fermé, 1996 légèrement évolué, 1993, ouvert, fin, pas très expressif, mais goût d'évolué assez prononcé.
En grimpant dans l'échelle des déceptions, La Bégude 2000 quelconque, peu expressif. et puis, comme à l'habitude OTT (avis largement partagé par les autres dégustateurs)
 

 

(fin 2001...)
Le Chateau de Pibarnon et l'usure du temps : oui, malgré ses détracteurs Pibarnon est et reste un grand d'une finesse et d'une complexité aromatique étonnante, entre 5 et 10 ans d'âge. Mais Pibarnon, n'est pas un vin de grande garde. La dernière bouteille du millésime 1989, goûtée en 2000, était franchement "sur la pente descendante". Le soir même , le vin était complètement passé. Les 93 du même domaine sont aujourd'hui parfaits à boire, mais ne gagne rien à être attendus.

(fin 2001...)
Dans le domaine de la longévité, les Chateaux Pradeaux sont incomparables. Pradeaux 82 est aujourd'hui une vraie merveille et Pradeaux 88 est aujourd'hui dans sa phase de maturité. De même pour le domaine de Terrebrune 90. Bu aussi récemment Mas de la Rouvière 90 des Domaines Bunan étonnant de fraîcheur.

 

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